Parole de Papa(s) - La Fausse Couche




La Fausse couche vu par un papa.

c mon papa La Fausse couche vu par un papaSi vous me suivez sur les différents réseaux sociaux, vous savez peut être que nous avons subi une fausse couche il y a quelques mois.

Je ne viens pas m'apitoyer mais plutôt casser une sorte de tabou. Parler du Papa, ce Papa qui est là présent et tout aussi heureux que la maman à l'idée d'avoir un enfant et un jour, c'est le drame ! un peu de sans coule, l'inquiétude monte, on se dirige vers l’hôpital et là, l'annonce fatale tombe ! il n'y a plus rien ! Le bébé arrivant qui avait mis de la joie dans le couple n'est plus là et laisse un vide aussi grand que celui qui est maintenant dans le ventre de la Maman. Et maintenant ? Qu'est ce qui se passe pour la Maman ? Le couple ? le Papa ? Oui ce dernier, celui de l'ombre, celui qui est mis en retrait, le pion... Vous me trouvez fort dans mes propos et pourtant, c'est comme ça que je l'ai ressenti les deux fois où ce drame m'est arrivé.

Je vais vous parler dans cet article de mon expérience, mais comme je voulais faire les choses bien, j'ai interrogé les Papas autour de moi, des anonymes, des blogueurs pour savoir comment eux aussi l'avait vécu, comment ils s'étaient ressenti face aux médecins, aux amis, à la famille ?

Si la fausse couche est plus qu'une épreuve pour un couple, les papas sont trop souvent mis au second plan dans ces moments là. Pourtant nous aussi sommes choqués par ce qu'il vient de se passer, nous aussi sommes envahis par la tristesse de ce malheureux événement. Alors quoi ? Le fait de ne pas porter l'enfant devrait remettre en cause notre légitimité à éprouver de la douleur comme celle de la mère ? Et pourtant, moi, comme d'autres Papas interrogé avons ressenti plus que ça, nous avons ressenti un sentiment d'invisibilité, nous avons été mis à l'écart autant par le personnel médical que par nos proches qui étaient tous plus concentrés sur la détresse qu'éprouvait la mère.

c mon papa La Fausse couche vu par un papa


Je ne dit pas qu'il ne faut pas, que ce n'est pas normal, c'est même très important que la maman soit entourée, réconfortée, soutenue dans sa peine, mais est ce que le père ne mériterait pas aussi cette même attention ?

Oui je sais ! plus j'écris et plus je pose des questions sans toujours y répondre et je ne sais pas du tout si j'aurais des réponses à apporter à tout cela. Toutefois, je vais maintenant parler de mon expérience et de celle partagé par d'autres Papas.

Nous étions heureux d'apprendre la grossesse de Madame, nous le désirions, nous avions fait tout pour avoir ce second enfant, vous imaginez donc que le jour où le test fut positif, nous étions les plus heureux des parents et futurs parents. Mais voilà, 3 semaines après les cris et la joie, ce sont d'autres cris qui se sont fait entendre et la joie se transforma en tristesse lorsque le sang à coulé et que notre visite à l’hôpital confirma l'horrible nouvelle.

D'ailleurs, parlons de notre visite aux urgences. Nous n'avons pas eu d'autres choix que d'emmener notre fille, le soir, avec nous à l’hôpital. Ce fut long, très long avant d'avoir quelqu'un pour nous voir, ou plutôt la voir. Je ne sais pas si c'est parce que la petite était là mais je n'ai pas eu le droit d'accompagner Madame dans la salle d'examen (ce qui n'avait pas été le cas à notre première fausse couche) et ce fut long, très long à attendre pour avoir des nouvelles, savoir ce qui se passait et donc savoir ce qui s'était malheureusement passé. Une fois ressorti de la salle d'examen, Madame nous à rejoint dans la salle d'attente pour nous annoncer la triste nouvelle avant de rentrer à la maison. Et oui ! Rien de plus, pas un mot de la part du médecin, c'est Madame qui me l'a annoncé avant de s’effondrer dans mes bras, pas d'autres indications que de rentrer chez nous. C'est ce que nous avons fait, en serrant les dents et retenant nos larme tout le chemin pour ne pas inquiéter la Grenouille qui était dans sa poussette. Une fois la petite couchée, nous nous sommes retrouvés, tous les deux, pour parler et pleurer ensemble. La nuit fut très compliquée.

Du côté de la famille et des amis, ils étaient là, présents, mais toujours pour Madame. J'ai rarement entendu un "Comment allez-vous ?" et encore moins un "Comment va Nicolas ?" Et oui ! Je pense qu'il y a un inconscient collectif qui pense que le père, dans ces cas là n'est pas touché, qu'il est plus fort et donc passe au dessus de tout ça, peut être parce que ce n'est pas lui qui porte l'enfant, mais je trouve cela vraiment très injuste ! Pourquoi ne pourrais je pas être triste de perdre un enfant ? Il me semble que j'ai aussi des sentiments ou alors on pense que l'homme est fort et ne craint rien. d'un côté on donne un l'homme une image viril de la paternité et de l'autre on lui dit qu'il est égale de la femme en tout, ce qui au passage ne me pose pas de problème mais en ce cas que l'homme ait le droit aux même égards que la femme, qui soit aussi considéré comme un être sensible avec des sentiments, des joies et des peines et que la perte d'un enfants peut tout autant le détruire qu'une femme.

c mon papa La Fausse couche vu par un papa


Non ! la seule chose que j'ai reçu lorsque j'ai parlé de cette fausse couche, ce sont des reproches.

Et encore je ne vous ai pas tout dit mais les autres visites à l’hôpital fut encore plus folklorique que ça, les propos du personnel soignant à la limite de l’indécence et du politiquement correcte lorsqu'on à des parents, comme nous, inquiets qui sont attristés de la perte d'un enfant, qui s’inquiètent d'avoir déjà eu deux fausses couches alors qu'on souhaite un second enfant, donc la crainte d'une troisième fausse couche et qu'on nous dit avec le sourire : "C'est rien, une femme en moyenne fait 3 ou 4 fausses couche dans sa vie. Si vous en faite 3 de suite en ce cas il faudra consulter, mais comme vous avez déjà eu un enfant, c'est que vous pouvez en avoir"
D'ailleurs je n'ai pas précisé que nous étions tous les deux dans le cabinet avec une médecin gynéco et une infirmière, qu'elles m'ont à peine regardé si ce n'est lorsque j'ai enfin pu parlé du choc psychologique que des fausses couches à répétition pourraient entrainer chez la mère et les parents en général. J'ai eu le droit à une réponse des plus banal comme si de toute façon je n'avais pas à intervenir dans cette conversation.

Voilà un peu mon vécu lors de cette fausse couche. si il y en a parmi vous qui ont vécu la même chose, j'aimerais connaitre aussi votre vécu !


2 Commentaires

  1. Très beau témoignage comme il en faudrait plus.
    Je sais trop bien que nous sommes mis de côté dans ces moments difficiles. Mais il paraît que nous sommes des rocs...
    Allez, courage, Madame nature récompense souvent la témérité. ��

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